Lorsqu’un enfant crie, refuse, frappe ou se roule au sol, la question arrive vite : est-ce une crise, une provocation, un caprice ou une opposition volontaire ? Le problème est que ces mots donnent parfois l’illusion que nous avons compris, alors qu’ils décrivent surtout ce que nous voyons.
Un même comportement peut avoir plusieurs explications
Deux enfants peuvent dire « non » avec la même intensité, mais pour des raisons très différentes. L’un cherche à éviter une tâche trop difficile. L’autre est épuisé. Un troisième ne parvient pas à interrompre une activité. Un autre encore teste effectivement la solidité d’une limite.
La bonne question n’est donc pas seulement « que fait-il ? », mais aussi : dans quel contexte cela arrive-t-il, que s’est-il passé juste avant, et qu’est-ce qui devient momentanément difficile ?
Trois niveaux d’observation
1. Les faits
Décrivez la scène sans interprétation : « Il jette le crayon quand je lui demande de commencer les devoirs » est plus utile que « Il ne respecte rien ».
2. Le contexte
Notez l’heure, la fatigue, la faim, le bruit, la transition, la difficulté de la demande, la présence d’autres personnes et les changements récents.
3. La fonction possible
Le comportement permet-il d’éviter, d’obtenir, de retarder, de récupérer du contrôle, de réduire une stimulation ou de communiquer quelque chose que l’enfant ne sait pas encore exprimer autrement ?
Comprendre la fonction d’un comportement ne signifie pas tout accepter. Cela permet de choisir une limite et un apprentissage qui répondent au vrai problème.
Ce que vous pouvez essayer
- Formuler une seule demande à la fois.
- Prévenir la transition plutôt que l’annoncer au dernier moment.
- Réduire temporairement la quantité sans supprimer l’objectif.
- Proposer une alternative acceptable : « Tu peux commencer par les deux premières lignes ou par l’exercice le plus court. »
- Observer si le comportement diminue lorsque la demande devient plus accessible.
Si les crises sont fréquentes, très intenses, dangereuses ou présentes dans plusieurs contextes, une évaluation individualisée peut aider à comprendre les facteurs cognitifs, émotionnels, développementaux ou environnementaux impliqués.